« Voix du 22 mai » est un acte mémoriel et de résistance culturelle.
Nous créons un espace de célébration.
Un espace où les voix et les langues célèbrent l’humanité. Un espace où écrire en créole, déclamer en créole, penser en créole n’est pas un choix marginal mais une affirmation de souveraineté littéraire.
Le 22 mai 1848, les esclaves de la Martinique n’ont pas attendu. Alors que le décret officiel du 27 avril 1848 relative à l’abolition de l’esclavage tarde à arriver depuis Paris, les esclaves se sont levés, ont brisé leurs chaînes et ont arraché leur liberté par la révolte.
Le 22 mai 1848, l’abolition est proclamée en Martinique. Puis se répand d’île en île.
177 ans plus tard, nous lançons un appel : « Voix du 22 mai », un concours de poésie et d’éloquence dédié aux régions kréyolphones.
Pour que les voix d’aujourd’hui s’élèvent, portées par cet héritage de résistance, de résilience et de créativité.
Les littératures kréyolphones restent trop souvent dans l’ombre. Ignorées, méprisées parfois, y compris par ceux-là mêmes qui devraient en être les premiers héritiers.
L’assimilation et l’acculturation ont fait leur œuvre et, avec elles, une forme d’aliénation qui pousse à regarder ailleurs, à chercher la légitimité dans d’autres langues, dans d’autres formes.
« Voix du 22 mai » est un acte mémoriel, de résistance et de célébration culturelle.
Nous n’organisons pas une compétition. Nous créons un espace de célébration. Un espace où les voix et les langues célèbrent l’humanité.
Un espace où écrire en créole, déclamer en créole, penser en créole n’est pas un choix marginal mais une affirmation de souveraineté littéraire.
Les participants pourront choisir parmi trois thèmes, trois portes d’entrée vers l’intime et le collectif.
Les textes et prestations devront être accompagnés d’une traduction ou d’un sous-titrage en français pour permettre l’accessibilité à tous.
Le souffle de la révolte, la dignité reconquise. Mais aussi la liberté intérieure, celle de dire, d’écrire, d’être pleinement soi dans sa langue.
La liberté n’est jamais acquise une fois pour toutes ; elle se reconquiert à chaque génération, à chaque texte, à chaque prise de parole.
Qu’avons-nous reçu ? Que choisissons-nous de transmettre ? Ce thème invite à fouiller la mémoire familiale, à retrouver les gestes, les mots, les silences passés de génération en génération. L’héritage n’est pas un poids ; c’est une fondation sur laquelle bâtir.
Ce thème évoque la traversée, le passage du milieu, l’arrachement. Mais surtout ce qui a survécu malgré tout : une langue forgée dans la clandestinité, des rythmes qui persistent, des façons de rire, de cuisiner, de nommer le monde. La mer a pris beaucoup. Elle n’a pas tout pris.
Textes de 50 à 200 vers.
Concernant la poésie créole. Elle a ses propres rythmes, ses propres images, sa propre musique. Nous cherchons des textes qui portent cette singularité, qu’ils soient ancrés dans la tradition ou résolument contemporains.
Prestations de 3 à 5 minutes, soumises en vidéo.
L’éloquence créole est un art à part entière. Le majolè, conteur ou slameur contemporain sont les héritiers d’une tradition orale forgée dans la résistance. Nous voulons entendre ces voix.
Le concours est ouvert aux créoles de toutes bases lexicales :
– Créoles à base française (Martinique, Guadeloupe, Haïti, Guyane, Réunion, Maurice, Seychelles…)
– Créoles à base anglaise (Jamaïque, Sainte-Lucie, Dominique, Vanuatu…)
– Créoles à base portugaise ou espagnole (Cap-vert, Guinée Bissau…)
Les textes et prestations devront être accompagnés d’une traduction ou d’un sous-titrage en français pour permettre l’accessibilité à tous.
Le concours est ouvert à toutes et tous, sans restriction d’âge ni de nationalité. Nous encourageons particulièrement :
– Les jeunes auteurs en quête de reconnaissance
– Les résidents de l’espace kréyolphone (Caraïbes, Océan Indien, Amériques)
– Les membres de la diaspora kréyolphone à travers le monde
Que vous écriviez depuis Paris, Marseille, Fort-de-France, Port-au-Prince, Saint-Denis de la Réunion, Montréal ou New York, votre voix a sa place.
Dans l’esprit de la libération collective que nous célébrons, les finalistes ne seront pas classés. Tous recevront le titre de « Voix du 22 mai 2026 » et seront invités à se produire lors de la Veillée du SILEK, les 22-23 mai 2026 à Paris.
Être sélectionné, c’est déjà être célébré.
– Ouverture des candidatures : 13 janvier 2026
– Date limite de soumission : 31 mars 2026
– Annonce des sélectionnés : 15 avril 2026
– Veillée « Voix du 22 mai », 22-23 mai 2026, 75013 Paris
Les candidatures seront soumises via le formulaire en ligne disponible sur le site du SILEK. Chaque dossier devra inclure :
– Le formulaire d’inscription complété
– Le texte (catégorie Voix écrites)
– la vidéo de la prestation (catégorie Voix portées) sera envoyée via les plateformes Gros Fichiers ou Swiss Transfer (gratuits)
– Une courte biographie (150 mots maximum)
– Une note d’intention expliquant le choix du thème (100 mots maximum)
– La traduction ou le sous-titrage en français
Élevez votre voix. Rejoignez le SILEK 2026 et les Voix du 22 mai.
« Voix du 22 mai » s’inscrit dans le cadre du Salon International du Livre de l’Espace Kréyolphone (SILEK), les 22 et 23 mai 2026. Premier événement littéraire international dédié aux créations issues des mondes créoles, le SILEK réunira auteurs, éditeurs, chercheurs et lecteurs durant ces jours de rencontres, de débats et de célébration.
Les dates ne sont pas anodines. Le 22 mai commémore le début de l’abolition de l’esclavage à la Martinique. Le 23 mai rappelle la marche silencieuse de 1998 qui a conduit à la loi Taubira.
Le SILEK est porté par l’association les Ponts de l’Espoir (Hope and Bridges). Il est un segment du concept Kreyollywood, écosystème global de promotion des cultures kréyolphones qui œuvre déjà à travers le KIFF (Kreyol International Film Festival) et de nombreuses initiatives culturelles.
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